LA BULGARIE ET LE PACTE ATLANTIQUE
LA BULGARIE ET LE PACTE ATLANTIQUEAu mois de novembre prochain, un certain nombre de pays dont la Bulgarie seront invités à se joindre à l'OTAN. Or certains pronostiquent déjà que la Bulgarie ne ferait pas partie du premier groupe reçu. Au mieux, elle pourrait devenir membre de l'Alliance en 2004; et encore…
Notre pays occupe pourtant un point stratégique de premier plan au cœur des Balkans. Depuis plus de dix ans, les gouvernements qui se sont succédés à Sofia, s'ils n'ont pas toujours été d'ardents défenseurs de la politique atlantique, ont évité de s'y opposer ouvertement. Sauf les anciens communistes rebaptisés socialistes qui ont la fâcheuse manie de toujours regarder vers l'Est et de souffrir de nostalgies politiques inguérissables.
Depuis 1997, le gouvernement de M. Kostov a beaucoup œuvré pour trouver une solution à ces problèmes. Il s'est tourné sans hésiter vers l'extérieur, vers l'Europe et le Pacte Atlantique avant tout. La Bulgarie étant un pays européen, son intérêt comme celui de l'Europe et de l'Alliance est qu'elle fasse partie le plus rapidement possible de ces deux ensembles. Du fait de sa position charnière entre les deux continents, entre deux mondes de culture et de religions différents, il devient urgent de l'inclure dans un système qui verrouille et qui exclue tout risque de conflit majeur. Même si les religions ne jouent plus aujourd'hui leur rôle d'antan (heureusement, d'ailleurs!), nous savons que la religion reste un problème de tradition et d'éducation. Or les traditions ayant beaucoup de mal à évoluer, le passé continue à peser sur les mentalités, parfois avec force.
La fin de la guerre froide entre le bloc communiste aujourd'hui disparu et le monde occidental ne signifie pas automatiquement la disparition de toute menace de conflit ou de guerre. Il est trop tôt encore pour rêver d'un monde idyllique et désarmé où la raison et la justice auront la primauté sur la violence et la déraison. Organisée depuis toujours en États et en ensembles ethniques, notre vieille planète a devant elle un long chemin à parcourir avant de retrouver la paix et la stabilité militaire. Car la globalisation économique qui est en train de s'accomplir devant nos yeux risque, au contraire, d'attiser de profonds conflits sociaux à l'intérieur de chaque entité. De plus, elle est en mesure d'éveiller de vieilles rivalités et de cruelles jalousies entre voisins traditionnels devenus de plus en plus puissants et de mieux en mieux armés.
Oui, de mieux en mieux armés. Aujourd'hui l'arme suprême n'est plus le monopole des seuls "Grands" connus par le passé ou supposés suffisamment responsables pour ne pas s'en servir. Le nombre des puissances atomiques officiellement reconnues augmente sans cesse, sans compter celles qui n'ont pas encore reçu ce label.
Un dernier exemple nous est fourni par le conflit latent et récurrent qui resurgit à des intervalles réguliers entre l'Inde et le Pakistan. Les deux États possédant l'arme atomique, de la menace à l'usage de la force il n'y a qu'un pas à franchir. Alors à juste titre leurs voisins directs et la communauté internationale s'inquiètent-ils en poussant à la négociation dans l'espoir d'éviter le pire.
D'autres conflits peuvent surgir demain, en d'autres parties du globe. Sans jouer le rôle de gendarme international, l'OTAN peut contribuer, comme par le passé, à l'équilibre et à la stabilité du monde. La preuve est faite depuis longtemps que les structures militaires atlantiques, loin d'avoir un caractère offensif, sont avant tout une arme défensive. Elles agissent comme une police d'assurance aussi bien pour leurs propres membres que pour ceux qui n'en font pas partie.
Surtout, en l'absence d'une Europe unie en tant que force militaire. Cette Europe qui n'a pas encore trouvé le courage de prendre ses responsabilités dans un domaine aussi important que sa propre défense.
Par conséquent la volonté du gouvernement actuel bulgare de continuer la politique du gouvernement précédent en voulant arrimer la Bulgarie à l'Europe et en l'intégrant à l'OTAN, est juste et tout à fait à propos. La Bulgarie n'a pas d'autre choix, comme l'OTAN n'a pas le choix de lui refuser son entrée dans ses propres structures. La période probatoire peut se révéler plus longue que prévue, peu importe.
C'est le résultat final qui compte.
La Rédaction