L’AGRICULTURE ET L’ADHÉSION

L’AGRICULTURE ET L’ADHÉSION DE LA BULGARIE À L’UNION EUROPÉENNE
Dr Stoyan TAGAREV, professeur à l’Université
 d’Économie Nationale et Mondiale, Sofia

    L’agriculture,  point clef de l’économie et d’une importance non négligeable avant l’adhésion de notre pays à l’Union Européenne, attire l’attention des responsables et demande un suivi de tous les jours et de gros moyens financiers.  En 1999 en Bulgarie la quote-part de la valeur ajoutée brute du secteur agricole (économie rurale et forestière) dans la valeur ajoutée représentait 17,3% alors que le nombre des agriculteurs par rapport au nombre total des ouvriers était, à la même époque, 25,88%. Toujours à la même époque le solde commercial du secteur agricole était positif, tandis que le solde commercial extérieur demeurait négatif.
    Durant des années pour les pays européens la Politique Agricole Commune (PAC), du fait que cette branche employait un grand nombre de familles, était d’une importance primordiale. Elle assurait non seulement les besoins intérieurs de la population en nourriture mais aussi une part considérable de ses exportations. Ce fait explique les sommes importantes qui lui étaient allouées dans les budgets des États européens.
    Dans le rapport annuel du ministère de l’Agriculture et des Forêts bulgare consacré à la politique d’intégration du pays à l’Union sont étudiés deux points d’égale importance : le point économique et le point juridico-administratif.
Aspects juridiques et administratifs de la politique d’intégration de l’agriculture bulgare
    Le processus d’harmonisation a commencé officiellement par le programme Accession partnership le 30 mars 1998. Ce document fixe aussi bien les domaines de priorité dans le programme d’adhésion que le coût et les conditions indispensables à l’octroi d’aides financières aux pays candidats à l’adhésion. En ce qui concerne la Bulgarie, les points suivants sont mis en avant: réforme économique, renforcement de la capacité industrielle et administrative, marché intérieur, justice et affaires intérieures, environnement et conditions énergétiques. Aussi chaque pays candidat doit-il élaborer son programme national d’adoption des «acquis communautaires» (en anglais : NPAA). Dans ce plan  sont fixés les objectifs  et les actes de partenariat, les délais d’exécution et les ressources humaines et financières.
    Parmi les points de base d’adoption de la  PAC, il faut souligner l’élaboration d’un cadre général législatif traçant les règles d’actions économiques et administratives du gouvernement, des agriculteurs, des organisations de commerçants, bref de  tous ceux qui d’une manière ou d’une autre sont liés au  secteur agricole.
    L’harmonisation de notre législation avec celle de l’Union Européenne dans le domaine agricole concerne en général deux domaines de base : les législations vétérinaire et phytosanitaire. La législation touchant au renforcement du contrôle vétérinaire, les exigences vétérinaires et sanitaires sur la production et le commerce de la viande, du lait, des produits laitiers et de la viande et les mesures générales sur la protection de la santé et  des animaux étaient déjà adoptées par la nouvelle Loi d’action vétérinaire et médicale instaurée en 1999. Ainsi étaient réglés le contrôle vétérinaire aux frontières, l’identification des animaux, les exigences d’importation dans l’U. E d’animaux vivants, l’attitude de l’homme envers l’animal, etc.
    En application de la nouvelle législation adoptée 10 postes vétérinaires furent établis aux frontières (appelés « terminus ») pour les produits agricoles. Il est prévu que ces postes soient considérés, après l’adhésion de la Bulgarie, comme postes faisant office de frontières de l’Union. Il est néanmoins indispensable, pour que ce travail soit effectué correctement, de fournir un équipement de diagnostique mis à jour en le dotant d’un  personnel compétent muni de matériel qualifié.
    La législation vétérinaire en Bulgarie est conforme au plan établi par le Livre blanc. C’est un domaine extrêmement difficile. Jugeons-en : dès le début la Bulgarie doit introduire 60 directives sur les 113 actes législatifs de l’U. E concernant le domaine vétérinaire.
    Une autre loi également importante est celle de l’élevage adoptée en 2000. Cette dernière se rapporte aux conditions de l’élevage effectif, à la conservation du fonds génétique national ainsi qu’à la reconnaissance, la création et le fonctionnement des associations d’éleveurs soumis à l’obligation d’organiser et de soutenir les registres de troupeaux pour les animaux de race destinés à la reproduction.
    La loi sur l’alimentation animalière (les fourrages), adoptée en 1999, aboutit à l’harmonisation de la législation dans le domaine de la production, du transport, de l’importation et de l’exportation des aliments destinés aux animaux. Ainsi sont assurées les conditions de garantie sur la production des animaux d’élevage. Dans leur ensemble ces conditions contribuent à l’amélioration de la qualité des produits d’animaux, tout en créant des conditions nécessaires afin d’assurer l’introduction de nouvelles normes d’élevage conformes à celles de l’Union Européenne.
    Dans le but de garantir l’application des lois énumérées plus haut, au sein du ministère de l’Agriculture et des Forêts fut opérée une restructuration administrative. Un service de contrôle de la reproduction a été crée dans le cadre  du Service national vétérinaire. De cette façon la réforme administrative en question permit l’établissement en Bulgarie de liens de fonction entre les différentes parties du Service national vétérinaire et le contrôle de reproduction des animaux.
    Le même changement a été constaté après l’entrée en vigueur de la loi sur les semences et les grains de semences avec la création, auprès du Service national des grains, d’un service de contrôle alimentaire dont la tâche principale consiste  à veiller sur le contrôle concernant toutes les substances et aliments animaliers. Une ordonnance du mois d’octobre 1999 réglait la situation des producteurs d’aliments pour animaux. D’autre part, un laboratoire d’expertise vétérinaire et sanitaire a vu le jour auprès du Service national vétérinaire jouant un rôle central  et de référence pour l’alimentation et les produits pour animaux. Quatre laboratoires régionaux furent crées dans les villes de Choumène, Targovichté, Stara-Zagora et Varna.
    Malgré ces réformes, il est indispensable de prendre en compte la nécessité d’une restructuration et de nouveaux équipements pour l’industrie alimentaire. La plupart des entreprises de production et de transformation de la viande, les usines d’alimentation animalière (les fourrages) et les laboratoires d’équarrissage sont dans un état déplorable. Leur adaptation aux normes du jour exige, bien entendu, un budget considérable. Une autre priorité concerne le renforcement de la protection phytosanitaire aux frontières. Beaucoup de lois ont été votées dans ce domaine : loi de protection des plantes (1997),  loi des semences et de grains et loi de conservation et de commerce des céréales. Un service sur la protection des plantes fur crée. Grâce au programme PHARE, une amélioration a été constatée dans le rayon de l’équipement des laboratoires et la formation des cadres. Une nouvelle Agence prit le contrôle des espèces et des semences avec pour tâche principale l’amélioration radicale des matières premières en vue d’établir  une base solide permettant l’enrichissement de la récolte et de meilleures  qualités alimentaires des produits finis.
    La nouvelle loi relative au commerce des céréales revêt ainsi une importance capitale. Elle est en harmonie  avec les lois de l’Union Européenne et jette les bases du fonctionnement du marché céréalier. À travers le Service national des céréales on arrive à organiser le contrôle des silos, publics et privés. De cette façon est créée pour la première fois une base législative de billets à ordre dans cette branche. Ce  système aidera les producteurs à prolonger la période de vente de leurs produits tout en garantissant la qualité des dépôts dans les silos publics. D’autre part, les mêmes billets à ordre, qui tout en étant en papier ont une valeur d’argent sont garantis par les actifs et sont susceptibles de remplacer les arrhes dans le cas où le producteur voudrait obtenir un crédit à court terme.
    Or pour que le système soit efficace, il faut non seulement un  nombre de silos suffisant mais aussi que  les mêmes silos soient conçus d’après certaines conditions: un minimum de capital pour obtenir le droit de figurer à l’enregistrement, une capacité d’emmagasinage minimale, l’assurance contre l’incendie, l’inondation, le séisme ; un équipement, une technologie et des cadres au niveau du jour. Malgré tous ses avantages, en 1999 et en 2000 le pourcentage de ce système reste encore limité par rapport au total du commerce national. Diverses raisons expliquent sans doute ce retard – méconnaissance de son fonctionnement de la part des producteurs, tracasseries administratives, manque de confiance, etc.
    Quelques bons résultats ont été enregistrés  ces dernières années en ce qui concerne l’harmonisation des lois bulgares en matière d’environnement avec celles de l’Union Européenne. Notamment, dans le domaine de l’eau, de l’air, la protection des sols, l’élimination des déchets et substances nocives et des produits chimiques dangereux, diversité biologique et  territoires protégés. Une loi nationale sur la protection de l’environnement a été adoptée qui renforce la collecte et la mise à disposition de données et chiffres concernant la protection de la nature, le contrôle et l’estimation des données, le programme et les mesures relatives à la conservation, les droits et les devoirs de l’État, à ceux des communautés, des personnes physiques et morales. Sont concernées par cette loi toutes les activités se rapportant à l’amélioration de l’eau, de l’élevage de la volaille, de la construction de fermes pour l’élevage de bêtes à cornes et de  porcs,  à la reproduction du poisson, à l’aquaculture dans des eaux naturelles et artificielles.
    Il est un fait indéniable, la terre et l’eau ont une importance de plus en plus grande pour la survie de l’humanité. Ici aussi la législation du pays a dû s’adapter à celle de l’U. E. Quant aux sols, leur érosion, soucis principal des responsables, mais aussi leur dégradation par les pesticides et toutes sortes de pollution, leur protection préoccupent les autorités comme les particuliers. La conservation et la fertilité des terres destinées à l’agriculture ne doivent pas être négligées. Il faut savoir qu’en Bulgarie environ 80% des terres agricoles sont exposées à l’érosion d’où une perte certaine pour l’agriculture.  Il est donc prévu de dresser une somme d’informations les concernant apte à aider à leur amélioration. Toujours en respectant les normes européennes, le gouvernement bulgare a pris une ordonnance sur la limitation  de concentration dans le sol de plomb, cuivre, zinc, cadmium, nickel, chrome, mercure et arsenic.
    Il ressort de cette étude que la politique du gouvernement bulgare est en pleine harmonisation avec celle de l’U. E. en ce qui concerne l’intégration du pays dans le domaine de l’agriculture. Bien entendu, des améliorations doivent être apportées qui nécessiteront de laborieux travaux de préparation. Il faudrait aussi attacher une importance particulière  à la réforme administrative, à la formation de cadres qualifiés en mesure d’appliquer la nouvelle réglementation juridique, la connaissance de ces règlements, la création et la coordination de nouveaux laboratoires, etc.
    La réforme administrative de l’agriculture représente un point important du processus d’adhésion de la Bulgarie à l’Union Européenne. Elle comprend l’établissement de nouvelles institutions propres à la politique agraire, l’adoption de procédures de gestion unifiée, la formation de cadres. Une fois cette réforme réalisée, il serait question d’attacher une plus grande importance au secteur privé : de nouvelles relations doivent s’établir entre celui-ci et le secteur  public. Donc, de nouveaux règlements seront nécessaires.
Aspects économiques de la politique d’intégration dans le domaine agricole
    Tout changement en Bulgarie, y compris dans le domaine agricole,  exige de moyens financiers considérables. Pour ce faire, le gouvernement précédent avait envisagé de diminuer la part d’impôts acquittée par les agriculteurs (les propriétaires de terres agricoles sont libérés d’impôt). Une autre réduction  concerne les personnes physiques qui sont libérées de charges pendant les cinq années suivant la restitution de leurs terres. Le même affranchissement concerne également les affermages. Les agriculteurs sont libérés d’impôt durant une période de huit années, à compter  de l’année du début de leur production agricole. Sont également libérés de charges les propriétaires qui reçoivent une rente pour leurs terres agricoles. Les producteurs de spiritueux (lorsqu’il s’agit de leur propre production et pour leur consommation personnelle) sont libérés de taxes pour une quantité de vin de 400 litres et pour 2000 degrés d’alcool (environ 40 litres). Bénéficient des mêmes avantages ceux qui utilisent la production de producteurs accrédités. En guise d’encouragement, les coopératives  agricoles sont libérées d’impôt sur les bénéfices.
    À l’heure actuelle la Bulgarie tire avantage des programmes européens destinés aux pays candidats à l’intégration dans l’Union Européenne. Concrètement, dans le domaine de l’agriculture. Parallèlement au programme PHARE, dès 2000 sont entrés en vigueur deux autres programmes : SAPARD, destiné à l’agriculture (2000-2006), et ISPA, sur l’infrastructure. IPSA concerne avant tout l’environnement et le transport. Le montant du programme SAPARD s’élève à 520 millions d’euros en tout, et il sera partagé entre les dix pays candidats en fonction de leurs populations, le nombre de leurs agriculteurs, la superficie des terres agricoles, la spécificité du territoire, etc. Rien que pour la Bulgarie l’aide peut varier tous les ans entre 52 et 124 millions d’euros.
    Nous rappellerons que ce programme prévoit l’élaboration d’un Plan national pour le développement de l’agriculture et des régions rurales (approuvé par la Commission Européenne), une agence accréditée et un système en mesure d’assurer l’application, la surveillance et le contrôle de son fonctionnement. Le plan a été élaboré en 1999 par le  ministère de l’Agriculture et des Forêts, et il fixe la stratégie et les priorités de l’agriculture en Bulgarie pour la période 2000-2006. Après de longues discussions entre les représentants des pouvoirs locaux et régionaux, les représentants des organisations d’agriculteurs, des agences régionales de développement, des syndicats et d’autres partenaires et après l’aval du SAPARD, les objectifs suivants on été fixés:
-    Amélioration des conditions de production, transformation et commerce des produits agricoles, forestiers et de poisson selon les standards européens ; développement d’une économie rurale écologique ainsi que le renforcement des actions assurant une meilleure protection  de l’environnement dans le domaine de l’agriculture et des forêts ;
-     Un développement stable des régions rurales conformément aux meilleures pratiques écologiques par la création d’occupation alternative, le développement  d’actions économiques et la création d’une infrastructure appropriée. Tous ces efforts tendent à permettre l’amélioration  des conditions de vie et la possibilité de créer des emplois dans les communautés rurales ;
-        Un premier objectif pour la période de sept ans vise à assurer l’amélioration de la qualité de la production agricole et la création de structures concurrentes dans le domaine de la transformation  et du commerce de cette production. La politique d’investissement dans l’agriculture est donc une tâche prioritaire.
-        Afin de réaliser ces objectifs, on prévoit :
-        - Des investissements renforcés dans les fermes agricoles. Aider les fermiers privés en leur permettant d’améliorer la qualité de leur production agricole dans le secteur des produits laitiers et de la viande ;
-        - Améliorer le marché des produits agricoles et de poisson. Cette mesure prévoit des aides aux investissements privés dans les secteurs suivants : production de vin, fruits et légumes, lait et produits laitiers, viande et poissons et produits de poisson ;
-        - Création de marchés de gros permettant d’assurer des investissements pour la modernisation des structures des marchés des fruits et légumes sur quelques points du territoire choisis par le Ministère ;
-        - Développer les actions qui stimulent les fermiers à adapter des méthodes de protection de  l’environnement. Des aides sont prévues pour favoriser les projets pilotes de l’agriculture écologique, en particulier la production de plantes et de l’élevage organique, l’utilisation extensive des pâturages, le maintien des races locales et des cultures en danger, la protection du paysage, la gestion des terres agricoles et des forêts délaissées dans les espaces protégés ;
-        - Sylviculture, boisement des terres agricoles, investissements dans les entreprises forestières, transformation et commerce des produits forestiers. Cette mesure contribuera à renforcer les investissements dans le fonds forestier existant, et protégera les régions rurales et les montagnes délaissées dans le but d’améliorer les conditions d’utilisation des forêts de façon économique et écologique, plus particulièrement dans le secteur privé ;
-        - Création de groupes d’agriculteurs. L’aide apportée à ces derniers revêt une importance certaine pour l’extension des capacités marchandes des producteurs;
-        - Création d’organisations d’agriculteurs. L’aide ne sera accordée qu’aux groupes reconnus après le 1 janvier 2000 ;
-        - Gestion des ressources d’eau. Le financement de cette mesure permettra une meilleure utilisation de l’eau et assurera les capacités d’irrigation  et d’exploitation  des ressources naturelles en fonction du projet sur l’environnement.
-         - Un deuxième point prioritaire complète le premier en assurant le financement des mesures suivantes :
-        - Possibilité d’encourager la création de divers métiers assurant des revenus complémentaires. De même,  stimuler l’artisanat local et le tourisme rural, la production et la vente directe de produits locaux spécifiques…
-        - Transformation et développement des villages, protection et conservation du patrimoine traditionnel. Améliorer les structures de base et permettre la restauration de bâtiments qui ont un caractère historique et architectural rare ;
-        - Développer et améliorer l’infrastructure interurbaine. Aide aux projets communautaires et régionaux assurant l’extension du réseau routier, principal et secondaire, liant entre eux villages et communes.
-        On attache également beaucoup d’importance  à une meilleure formation des cadres en collaboration avec le ministère  du Travail et de la politique sociale.
-        Un quatrième chapitre prévoit d’assurer une information réelle sur l’application du programme, une surveillance digne de ce nom en vue d’obtenir de meilleurs résultats, etc.
-        En conclusion, nous dirons que l’agriculture reste, aujourd’hui encore, une branche importante de l’économie du pays et qu’elle exige  de gros efforts et des moyens importants pour répondre aux critères du jour et aux exigences des règlements de l’Union Européenne.

LE TOURISME EN BULGARIE

LE TOURISME EN BULGARIE
Prof. Emile KARAÏLIEV,


Dr d’État ès Sciences Économiques de Paris I Panthéon–Sorbonne,
Conseiller principal à la CE, Bruxelles


(Suite et fin)


Dans une première partie, nous avons présenté l’appui que le programme européen SAPARD accorde au tourisme rural en Bulgarie. Dans cette seconde partie, nous nous arrêterons sur quelques exemples récents de projets touristiques dans ce pays.
Le tourisme thématique : un projet franco-bulgare pilote dans les Rhodopes
Les objectifs
    Peuplée d’un peu plus de 8 millions d’habitants sur un territoire de 111 000 km² (un cinquième de la France), enchâssée dans la partie Sud-Est de la péninsule Balkanique, à deux heures d’avion de Paris, la Bulgarie est mondialement connue pour sa vallée des roses située entre le Balkan et la chaîne Sredna Gora (entre Karlovo et Kazanlik), où la rose blanche, rose ou rouge est cultivée en plein air, dans d’immenses champs multicolores. La vue et l’arôme y sont magnifiques, surtout en mai-juin à la floraison  des roses.
    Les villégiatures, le littoral de la mer Noire attirent également de nombreux touristes. De même, les sources thermales curatives, les plantes médicinales naturelles et la flore et la faune des montagnes des Balkans que les Bulgares appellent Stara Planina, la Vieille Montagne, le Rila et le Pirine, le Vitocha et les Rhodopes qui culminent à plus de 2000 m. d’altitude... Il y a aussi la Strandja, pittoresque et mystérieuse qui s’étire à l’est de Maritza (la rivière si bien chantée par Sylvie Vartan) et la frontière turque.  Ici on peut parler d’art artisanal et de cuisine bulgare.*
    C’est ainsi que dans le cadre d’un projet triennal d’assistance technique entre l’Association bulgare de tourisme alternatif et l’Association française Tetraktis,  commencé en l’an 2000, fut mis sur pied un programme  de développement intégral pour  tout le massif des Rhodopes à travers le tourisme thématique.
Les lieux thématiques
    Plus de 13 000 km² de cette montagne font partie de la Bulgarie. Ici se trouvent les forêts et les canyons des rivières Arda,  Bouïnovska, Devinska et Trigradska, les phénoménales roches près de Béli Plast, Svadbata, près de Kardjali, Skalnité mostové, les Rochers de Kalaiya, plusieurs réserves internationales et zones préservées avec des espèces de plantes et d’animaux uniques. Ainsi, par exemple, les spécialistes ont trouvé dans les grottes des Rhodopes : Trigradska, Yagodinska et Uchlovitza 28 espèces de chauves-souris rares. Sans oublier les nombreux bassins, étendus d’eau et barrages peuplés de poissons.
    Les itinéraires appelés « Les routes des maîtres artisans des Rhodopes » comprenaient autrefois la vallée de la Mesta, Gotzé Deltchev  et passait par Dospat, Borino, Devine, Chiroka Laka, Smolyan, Ardino, Kardjali, Madjarovo, Ivaïlovgrad et Haskovo.  D’autres routes passent par Velingrad, Rakitovo, Sarnitza, Assenovgrad, Luki Monastir et Momtchilovtzi.
Assistance technique française
    Ainsi que nous le soulignions plus haut, ce projet-pilote de développement du tourisme thématique dans les Rhodopes est élaboré avec l’assistance technique française du groupement Tetraktis.
    Le groupement français aide les partenaires locaux à :
-    Créer une page Internet  sur les Rhodopes,
-    Éditer une brochure intitulée « Destination Rhodopes »,
-    Chercher des partenaires stratégiques et des programmes internationaux,
-    Créer un groupe de gestion mixte composé d’experts locaux et internationaux.
    L’assistance française mise sur la création d’une nouvelle image des Rhodopes bulgares – ce grand massif de montagnes témoin d’une histoire ancienne, des croyances et des cultures spécifiques, une richesse exceptionnelle de bio-diversité et de phénomènes naturels.
Le projet de tourisme rural dans la zone de Kavarna (région de Dobroudja)
    Un grand nombre de touristes connaissent déjà la côte bulgare de la mer Noire qui s’étend sur quelque 400 kilomètres de très belles plages de sable fin noyées de soleil. Notamment, les complexes touristiques de renommée internationale près de Varna (les Sables d’or, Albena, St Konstantin et Eléna, Roussalka avec son Club Med) ou près de Bourgas (Côte de soleil, Nessebar), les hôtels de Bourgas même, et plus au sud les villes avec une base touristique plutôt familiale et des ports de pêche comme Sozopol, Kiten, Tchernomoretz, Primorsko, Tzarevo, Achtopol... Beaucoup plus au nord Baltchik avec le palais de la reine roumaine, d’autres endroits propices au  calme et au repos. Ou bien, la vallée de Ropotamo et ses nénuphars, la Rivière du diable - partout le touriste est roi, et il garde  des souvenirs inoubliables des endroits  visités.
    Mais un nouveau projet est en train de prendre corps maintenant au nord de Varna avec l’assistance de l’Agence suisse pour le développement et la coopération et les autorités et sociétés publiques et privées bulgares. Ce projet concerne le district de Kavarna dont le littoral s’étend sur 42 kilomètres. La région de Kavarna fait partie de la Dobroudja, riche région rurale et véritable grenier du pays.
    Voici quelques-unes des centres touristiques autour de Kavarna : Cap Kaliakra, Bolata et Taoukliman (Le golfe des oiseaux), Yalata, Bizoné et Karvouna, Roussalka (la Nymphe).
L’écotourisme et le Fonds de conservation de l’environnement
Une priorité : la protection de l’environnement
    La protection de l’environnement est une priorité pour la Bulgarie. C’est ainsi que les projets touristiques doivent comprendre l’évaluation de leur impact sur l’environnement dans les cas fixés par la Loi de la protection de l’environnement. À part les fonds octroyés dans le cadre du programme européen SAPARD pour le tourisme rural, un Fonds National de conservation de l’environnement (NFOOS) a été créé auprès du Ministère de l’environnement et des eaux afin d’aider au développement de l’écotourisme.
Le programme de développement de l’écotourisme
    Le Fonds aide le financement des activités liées à la protection de l’environnement, à savoir :
-    La réduction de la pollution automobile, la production d’énergie,
-    Le développement d’un élevage écologique,
-    La mise sur pied de projets dans des zones écologiques,
-    Des projets d’écotourisme dont l’aide est surtout dirigée vers les municipalités.
Les projets d’écotourisme doivent répondre aux conditions suivantes :
    Le programme du projet doit assurer les visites des :
-    Zones naturelles protégées ou non : montagnes, grottes, rochers,
-    Monuments historiques et culturels, zones humides et emplacements ornithologiques,
-    Manifestations historiques,
-    Fermiers, maisons de paysans proposant des plats bulgares*, ainsi que des coutumes typiques nationales,
-    Tourisme de chasse et de pêche.
La commune doit s’engager avec les activités suivantes :
    - Élaborer un projet d’écotourisme,
    - Traiter avec un entrepreneur (particulier) du pays présentant son business plan,
    - Présenter une information concernant le flux touristique et sa réglementation,
    - Avoir des communications (routes, télécommunications),
    - Assurer des itinéraires (tracés) touristiques,
    - Présenter une lettre prouvant l’existence des contrats avec une firme touristique assurant un flux touristique potentiel.
    Le projet doit contenir les informations suivantes :
    - Infrastructures, fonds d’habitations
   - Informations concernant les terrains, informations géo-chimique (degré de pollution, radioactivité),
    - Déclaration sur le contrôle vétérinaire et sanitaire (dans le cas de tourisme rural :  comment aborder les animaux ?),
   - Information touristique sur les sites : brochures, tableaux, randonnées, artisans, etc.,
    - Les emplacements autour des routes et sentiers,
    - Folklore authentique : festivals, réunions, manifestations populaires, etc.,
    - Culture spirituelle, passé historique.
Voici les différentes activités liées à l’écotourisme qui sont financées par le Fonds national de protection de l’environnement :
- Identification des projets,
- Diffusion de l’information,
- Développement d’un système de centres d’informations : kiosques, fourgonnettes, chalets, musées, écoles, etc.,
- Développement de l’infrastructure, routes et sentiers, excursions à cheval, barques, vélo, facilité  des accès, emplacements d’arrêt et de repos,
- Protection de l’hygiène (poubelles pour les déchets, panneaux, marquage, etc.),
- Encouragement et développement de l’artisanat (ateliers d’artisans, production de souvenirs, pâtisseries, confiseries et autres productions locales),
- Facilités pour les handicapés désirant  visiter les emplacements touristiques,
-    - Organisation de clubs touristiques, etc.
*   *   *
Voici à la fin, quelques spécialités de la cuisine bulgare (slave et orientale à la fois):
    Avec l’apéritif de Grozdova (la grappa bulgare) ou Slivova (eau de vie de prunes) ou Mastika (anisette bulgare) ou les brandy (les « cognacs » bulgares : Pliska, Preslav, Pomorié), la vodka, on commence le repas par une salade dite Chopska (mélange de concombres, tomates, oignons blancs, poivrons verts ou rouges, piments et Siréné (fromage blanc en saumure à base de lait de brebis). On peut prendre aussi une Snéjanka au yaourt mélangé de concombres et de l’ail ; ou bien une Luténitza (poivrons rouges, tomates et piment en poudre) ; quelquefois des mézés (saucisson sec Loukanka ou Soudjouk aux herbes Tchoubritza) ; caviar d’aubergines (Kiopoolou) – poivrons grillés à l’ail et au Zechtine (huile d’olives) avec du vinaigre ; Petcheni tchouchki, Tarama (œufs de poisson), Pastarma (viande de bœuf, chèvre ou mouton salée et séchée) ; Sazdarma (viande de mouton bouillie et séchée).
    En entrée, on a le choix entre une soupe aux haricots blancs (Bob tchorba) ou aux lentilles (Lechta tchorba), ou Chkembé tchorba (soupe aux tripoux), ou bien Telechko varéno (du veau bouilli aux légumes), du Patcha (soupe de pieds de cochon qu’on peut manger aussi froide), Kourban tchorba (soupe de viande et de tripes d’agneau), également Tarator (soupe de yaourt liquide aux concombres, fenouil et noix).
    Parmi les plats maigres (sans viande) citons le Kachkaval pané (fromage jaune), Mich mach (genre ratatouille aux œufs brouillés accompagné de Siréné), la Plakia (gros haricots blancs au four) ou des Sarmi (feuilles de choux ou de vignes farcies au riz).
    De même,  plats de poisson variés : Ribnik (genre de poisson farci), Ribena tchorba (soupe de posson), Tchiroz (maquereaux séchés et fumés), Tzaza (menu poisson cru en saumure), Palamoud (petit thon de la mer Noire), Som (silure, poisson chat), Biala riba du Danube, Pastarva (Truite), Palnen charan (carpe farcie).
    Plats de viande : grand choix entre Kavarma (viande de porc, légumes, oignons et piments servis dans des petits pots en céramique), Vréteno (paupiettes de veau farcies), Guvetch (macédoine de légumes, notamment les cornes grecques), Bamia  (tous légumes variés : courgettes, tomates, haricots verts, etc., pommes de terre et viande gratinées au four ); Drop sarma (morceaux de foie, mou, rate d’agneau, risoto, accompagné de yaourt et gratiné  au for), Tass kebap (viande de veau en sauce de vin et purée de pommes de terre), Svinsko s kisselo zélé (ragoût de porc aux choux fermentés, Chichtcheta (brochettes de viande), Kebaptcheta (boulettes de viande), Kuftéta (boulettes), Moussaka bulgare qui, à la différence de la Moussaka grecque, ne contient pas d’aubergines mais de pommes de terre, de la viande hachée, du paprika, de la sauce tomate, le tout gratiné au four avec des œufs et du yaourt. La liste des mets bulgares peut être rallongée en fonction de la région et du goût du client. Les repas sont arrosés de bons vins production locale secs et fruités (vins rouges Gamza, Trakia, Cabernet, Mavrout a, ou blans : Misket, Dimiat, etc).
    Au dessert également nous avons un grand choix : certains, d’origine turque, sont sucrés, à base de miel, sucre, farine, tahin et sésame  - Baklava, Kadaïf, Soutlache, Halva, Banitza, Burek, Kourabii ou Gevretcheta,  autres Sladki (gourmandises sucrées) ; Sladko (confiture faite à la maison), Crèmes, liqueurs bulgares (Liqueur de roses, par exemple). Pour terminer, le café turc accompagné d’un lokoum.
   Le lendemain d’une fête un peu trop généreusement arrosée, on peut boire la très fortement parfumée Zéléva tchorba (soupe aux choux fermentés).